La période périnatale et la première année de vie

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L’essentiel

Les Pays de la Loire restent une des régions les plus fécondes de France, malgré une légère baisse de la natalité au cours des années récentes. Près de 120 enfants y naissent chaque jour, soit plus de 40 000 nouveau-nés chaque année. La très grande majorité de ces enfants sont en bonne santé, et la plupart des indicateurs régionaux de santé périnatale et concernant la première année de vie sont plus favorables que la moyenne nationale.
La prématurité, qui concerne 6,5 % des nouveau-nés de la région en 2015, constitue l’un des risques majeurs pour la santé des jeunes enfants et un motif important de recours aux soins. Ce taux, qui est inférieur à la moyenne nationale (7,2 %) et l’un des plus faibles de France, fluctue entre 6,0 et 6,5 % depuis le début des années 2010 sans qu'aucune réelle tendance évolutive régionale ne se dégage. Au sein de la région, le taux de prématurité est nettement plus élevé en Sarthe (7,5 %) que dans les quatre autres départements. Les conditions socioéconomiques plus défavorables de la population sarthoise, qui constituent un facteur de risque bien établi de prématurité, pourraient pour partie expliquer ce constat. Actuellement, les taux de pauvreté sont particulièrement élevés chez les personnes de 18 à 29 ans (13 % en moyenne dans la région, 16 % en Sarthe) et dans les familles monoparentales (33 % au niveau régional, 37 % en Sarthe).
La prématurité voit également sa fréquence augmenter avec l’âge maternel. Dans la région comme en France, l’âge moyen des mères à la naissance ne cesse de s'élever et dépasse désormais 30 ans. Cette évolution augmente le risque de prématurité de façon directe, mais aussi de façon indirecte via la baisse de la fécondité qui génère des recours plus fréquents à l'assistance médicale à la procréation (AMP). Cette dernière majore le risque de naissance prématurée et de petit poids notamment en raison du risque accru de grossesse multiple. Actuellement, 3,4 % des naissances régionales sont issues d’une AMP contre 2,9 % au début des années 2010.
Enfin, le mode de vie des parents et notamment le tabagisme (qui concerne un Ligérien de 15-34 ans sur trois, et près d'une femme enceinte sur cinq), ainsi que les affections métaboliques (obésité, diabète) pour lesquelles les facteurs nutritionnels jouent un rôle majeur, impactent aussi directement et indirectement (via les problématiques d’infertilité) le risque de naissance prématurée.
La première année de vie représente une période de grande vulnérabilité physiologique, au cours de laquelle le recours au système de santé et notamment aux services de soins hospitaliers est particulièrement fréquent. Les affections motivant ces recours sont souvent directement en lien, ou aggravées par une prématurité ou une hypotrophie : ces situations sont notamment responsables de près de la moitié (48 %) des journées d'hospitalisation d'enfants de moins d'un an en 2015.
Pour 1 000 enfants de moins d'un an, plus de 500 passages dans les services d'urgences de la région ont été dénombrés, et près de 300 enfants ont été hospitalisés en 2015. La situation régionale se caractérise par un taux d'enfants de moins d'un an hospitalisés inférieur de près de 25 % à la moyenne nationale. Cet écart s’est amplifié au cours des années récentes, en raison d’un recul marqué de la fréquence des hospitalisations à cet âge (- 4,6 % par an), diminution trois fois plus importante que celle constatée au plan national.
La Sarthe se distingue par un taux d'enfants hospitalisés en augmentation, et maintenant assez proche de la moyenne nationale. Outre des facteurs de nature épidémiologique ou socioéconomique, cette particularité pourrait être rapprochée d'une offre en médecins généralistes et pédiatres libéraux inférieure à la moyenne française et en repli.
Environ 330 enfants naissent sans vie, et 120 décèdent au cours de leur première année de vie, chaque année en moyenne dans la région. Ces effectifs se sont nettement réduits au cours des dernières décennies, en lien avec l'amélioration du suivi des femmes enceintes et des conditions d'accouchement, et l'apparition de certaines recommandations (notamment celles relatives à la mort subite du nourrisson). Les indicateurs de mortalité autour de la naissance et dans la première année de vie témoignent en outre d'une situation régionale encore plus favorable qu'en moyenne en France.
Dans les années à venir, la prévention de la prématurité reste un enjeu fort, car ses principaux facteurs de risque ne montrent actuellement aucune réelle tendance évolutive à la baisse. Cette prévention passe notamment par la lutte contre le tabagisme et les habitudes nutritionnelles défavorables des jeunes, ainsi que par la surveillance en santé périnatale, notamment parmi les classes sociales les moins favorisées, particulièrement exposées à un suivi prénatal insuffisant.
Le soutien à la parentalité constitue également un axe important dans la lutte contre les inégalités sociales de santé apparaissant dès le plus jeune âge. Il est en effet bien établi que les difficultés à exercer le rôle de parents sont plus souvent exprimées parmi les groupes sociaux les moins favorisés, et que le cumul de ces facteurs peut avoir un impact sur la santé de l'enfant à court, moyen et long termes.

Quid

Auteurs
Dr Jean-François Buyck, Dr Anne Tallec
Financement
Étude cofinancée par l’Agence régionale de santé et le Conseil régional des Pays de la Loire. Réalisée en particulier à la demande de l’ARS, dans le cadre du Projet régional de santé 2018-2022
Citation suggérée
ORS Pays de la Loire. (2017). La période périnatale et la première année de vie. In La santé des habitants des Pays de la Loire. pp. 37-48.

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