Santé des personnes âgées de 18 à 64 ans

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L’essentiel

La santé de la population ligérienne des 18-64 ans se caractérise, depuis le début des années 2000, par un taux d’admissions en affection de longue durée (ALD) inférieur de 10 % à la moyenne nationale, une mortalité en net recul et inférieure de 2 % à la moyenne nationale, et un taux de personnes hospitalisées en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) proche du taux moyen.
Cette situation régionale favorable en matière d’ALD, et proche de la moyenne nationale en matière de patients hospitalisés, se retrouve chez les jeunes adultes (18-24 ans), les adultes d’âge moyen (25-49 ans) comme chez les actifs vieillissants (50-64 ans). Par contre, en matière de mortalité, ces trois sous-groupes de population connaissent des situations très différentes, avec une situation de surmortalité chez les 18-24 ans, une mortalité proche de la moyenne nationale chez les 25-49 ans et une situation de sous-mortalité chez les 50-64 ans.
L’amplification de la surmortalité des hommes par rapport aux femmes constitue l’une des caractéristiques essentielles de la santé des 18-64 ans. Le ratio de surmortalité masculine est supérieur à 2 dans toute cette classe d’âge et dépasse même 3 entre 18 et 24 ans.

300 000 Ligériens sont actuellement âgés de 18-24 ans et leur nombre devrait croître de 1 % par an d’ici 2027. Les accidents de la route et les suicides, notamment chez les hommes, ainsi que les troubles mentaux et du comportement, constituent les principaux enjeux d’état de santé des Ligériens de cette classe d’âge. À ces enjeux majeurs en termes d’état de santé des 18-24 ans, s’ajoutent ceux non moins importants des consommations d’alcool, de tabac et de cannabis.
Les accidents, et notamment les accidents de la route sont en cause dans près de la moitié des décès des jeunes et représentent également une source importante de morbidité grave et de handicap. La situation des Pays de la Loire dans ce domaine apparaît particulièrement défavorable par rapport à celle des autres régions, comme en témoigne la mortalité par accident de la route des 18-24 ans qui dépasse de 30 % la moyenne nationale, et le taux de personnes hospitalisées pour traumatisme, supérieur de 25 % à cette moyenne.
Pour les suicides, une surmortalité régionale encore plus marquée (+ 49 %) est observée, prolongeant le constat préoccupant porté à ce propos pour les 15-17 ans.
Cette situation ne tend pas à s’améliorer, et on assiste même depuis le milieu des années 2000 à une dégradation relative de la mortalité régionale des 18-24 ans, qui reste stable, alors que la moyenne nationale s’améliore. Globalement, la surmortalité des jeunes ligériens atteint actuellement 17 %, mais celle-ci n’est observée que pour les hommes, seuls concernés par la plus grande fréquence des décès par accident de la circulation et par suicide.
C’est ainsi dans cette classe d’âge que l’écart de mortalité entre les hommes et les femmes est maximum, avec un ratio de surmortalité qui atteint 3,3 (2,9 en France).
Cet enjeu en matière d’accidents, sources de mortalité et de morbidité évitables, ne concerne pas seulement les 18-24 ans. Il se retrouve avec une moindre ampleur chez les 25-49 ans, puis à nouveau de façon plus importante, notamment en termes de mortalité, chez les 50-64 ans. Mais l’accidentologie se transforme avec l’âge : si les accidents de la route sont prépondérants chez les plus jeunes, les accidents de la vie courante voient ensuite leur poids relatif augmenter et passent au premier plan chez les 50-64 ans.
Les suicides voient par contre leur fréquence augmenter de façon régulière entre 18 et 64 ans, même si leur poids relatif dans la mortalité diminue, en lien avec la croissance des décès liés aux maladies chroniques.
Les troubles mentaux et du comportement constituent l’autre grand enjeu de la santé des 18-24 ans. Représentant 33 % des admissions en ALD entre 20 et 24 ans, ils sont au premier plan des maladies graves dans cette classe d’âge. S’ajoutent en effet aux troubles du fonctionnement mental, du développement et du comportement qui ont émergé dans l’enfance ou l’adolescence, les troubles psychotiques et notamment la schizophrénie, qui se déclarent le plus souvent entre 15 et 25 ans.
Les troubles mentaux et du comportement continuent de peser de façon importante et même légèrement croissante dans la morbidité des 25-49 ans et des 50-64 ans, avec l’augmentation de la fréquence des troubles de l’humeur, et notamment des épisodes dépressifs qui deviennent prépondérants chez les 50-64 ans.

Les consommations de substances psychoactives constituent un enjeu de prévention essentiel chez les jeunes adultes. C’est en effet chez les 18-24 ans que les conduites d’alcoolisation massive et les ivresses sont les plus fréquentes, que l’usage du cannabis est le plus répandu, et entre 18 et 35 ans que le tabagisme quotidien est le plus fréquent. Ces consommations de substances psychoactives, qui peuvent parfois constituer des manifestations de mal-être ou de détresse psychologique, sont susceptibles d’impacter la santé des 18-24 ans à court terme. Ainsi, la consommation d’alcool lève l’inhibition et favorise donc la prise de risque, les comportements violents ou délictueux mais aussi le passage à l'acte suicidaire. Une part non négligeable des accidents de toutes natures est ainsi due à l’alcool. Ce produit est notamment en cause dans près d’un tiers des accidents mortels de la circulation. Le cannabis majore également le risque d’accident de la circulation, particulièrement en association avec l’alcool.

Par ailleurs, chez certains jeunes, ces consommations risquent de se pérenniser et de devenir addictives. Le tabac et l’alcool constituent en outre des facteurs de risque majeurs de certaines pathologies, qui vont émerger de façon significative dans la population dès la classe d’âge des 25-49 ans.
Dans ce domaine, il n’existe à ce jour aucune tendance régionale à la baisse qui pourrait laisser présager d’une amélioration de la situation. Il faut toutefois souligner que toute amélioration des comportements dans ce domaine aurait un impact rapide sur la surmortalité des jeunes de la région.

Les 25-49 ans sont actuellement 1,2 million dans les Pays de la Loire, et ce nombre restera globalement stable d’ici 2027. Outre les risques liés aux accidents, les troubles mentaux et du comportement et les suicides évoqués ci-dessus, cette classe d’âge se caractérise par l’émergence à un niveau de fréquence significatif des pathologies cancéreuses, et chez les hommes des affections cardiovasculaires et du diabète. Chez les femmes de cette classe d’âge, les motifs en lien avec la maternité occupent une place centrale.
Les cancers sont à l’origine de 27 % des décès dans cette classe d’âge (400 par an), et de 20 % des admissions en ALD (plus de 2 000 par an). Si de nombreuses localisations cancéreuses sont concernées, les plus fréquentes sont chez les hommes les voies aérodigestives supérieures (VADS) et le poumon, localisations à forte létalité et dont l’alcool et/ou le tabac constituent les principaux facteurs de risque. Chez les femmes, le poids du cancer du sein est considérable, tant en morbidité qu’en mortalité, et le cancer du poumon représente la deuxième cause de décès féminins par cancer.
Dans cette classe d’âge, la mortalité des hommes par cancer du poumon et des femmes par cancer du sein sont proches de la moyenne nationale, mais celle des hommes par cancer des VADS, dépasse encore aujourd’hui de 29 % cette moyenne, en lien avec les habitudes régionales d’alcoolisation. Pour chacune des différentes principales localisations cancéreuses des hommes et des femmes de 25-49 ans, la mortalité est en recul, sauf celle due au cancer du poumon chez les femmes qui est stable, en lien avec la diffusion des habitudes de consommation tabagique dans la population féminine.
Chez les hommes, les affections cardiovasculaires et le diabète commencent à peser dans la morbidité des 25-49 ans. Pour les affections cardiovasculaires, l’avantage régional en termes de fréquence tend à se réduire, mais pour le diabète, la situation régionale reste encore favorable.
Enfin, les motifs en lien avec la grossesse occupent une place centrale dans la santé des femmes entre 25 et 49 ans, puisque l’âge moyen des mères à la naissance avoisine 30 ans. Ces évènements vont ainsi influencer la santé des femmes, mais aussi celle des enfants à naître, de façon directe et indirecte, et à court, moyen et long termes.

La région compte 700 000 personnes de 50 à 64 ans et cette tranche d’âge, désormais constituée majoritairement d’actifs vieillissants, devrait croître d’environ 0,4 % par an d’ici 2027. À côté des troubles mentaux et du comportement dont le poids reste important, les cancers, les maladies cardiovasculaires et le diabète voient leur part s’accroître considérablement dans la morbimortalité.
Globalement, ce sont 22 % des personnes de cette classe d’âge qui souffrent d’une maladie chronique et sont en ALD (25 % pour les hommes, 19 % pour les femmes).
Les cancers, premier motif d’admission en ALD chez les 50-64 ans avec 5 700 admissions par an, sont à l’origine d’un décès sur deux dans cette tranche d’âge (2 000 décès). Chez les hommes, les principales localisations restent le poumon et les VADS. S’y ajoute le cancer de la prostate, très fréquent mais à la létalité bien moindre. Chez les femmes, le cancer du sein reste prépondérant, devant le cancer du poumon. Pour ces localisations, la situation de la région est globalement analogue à celle observée en moyenne en France, comme chez les 25-49 ans. Les tendances évolutives sont également comparables, sauf pour le cancer du poumon féminin dont le taux de mortalité est en progression expliquant le non-recul de la mortalité globale par cancer des femmes de cette tranche d’âge.
Les maladies cardiovasculaires et le diabète, pathologies pour lesquelles les facteurs nutritionnels jouent un rôle important, deviennent particulièrement fréquents. Les maladies cardiovasculaires constituent la seconde cause d’admissions en ALD des 50-64 ans (26 % des cas) et de mortalité (12 %). La proportion des Ligériens de cette tranche d’âge en ALD pour diabète atteint 5 %. Les prévalences du surpoids (obésité comprise) et de l’obésité, qui atteignent respectivement 40 et 7 % chez les Ligériens de 35 à 54 ans, donnent la mesure des enjeux dans ce domaine.
Enfin, chez les hommes, les atteintes hépatiques et les troubles mentaux, conséquences directes de la consommation chronique d’alcool, atteignent dans cette classe d’âge un niveau significatif.

Quid

Auteurs
Marie-Christine Bournot, Dr Anne Tallec
Financement
Étude cofinancée par l’Agence régionale de santé et le Conseil régional des Pays de la Loire. Réalisée en particulier à la demande de l’ARS, dans le cadre du Projet régional de santé 2018-2022
Citation suggérée
ORS Pays de la Loire. (2017). Santé des personnes âgées de 18 à 64 ans. In La santé des habitants des Pays de la Loire. pp. 93-118.

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